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Dalles podotactiles jaunes sur un trottoir pour faciliter les déplacements urbains.

À Montpellier, un nouveau service vise les trajets des malvoyants

Par la rédaction de foumzguiddesert.fr

Inaugurée le 16 juin 2026, la première école de chiens guides et d’assistance de Montpellier doit répondre à une réalité très concrète : permettre à des personnes aveugles et malvoyantes de se déplacer plus sûrement dans une ville dense, avec ses trottoirs, ses tramways, ses carrefours et ses transports très fréquentés.

Portée par l’association France Défi Vision, présidée par Thierry Jammes, la structure a ouvert ses portes en janvier 2026 près de la Maison pour tous Mélina Mercouri, rue de la Vieille Poste, dans le quartier Port Marianne. D’après les éléments publiés par En Commun – Montpellier, elle devient la première école de chiens guides de l’Hérault et du Languedoc, et la deuxième en Occitanie.

Une formation au milieu des rues de Port Marianne

L’école ne forme pas les chiens dans un environnement isolé de la ville. Leur apprentissage se déroule au contact direct de ce qu’ils devront affronter plus tard avec leur maître : passages piétons, arrêts de bus, abris de tramway, façades, véhicules et zones de forte circulation piétonne.

À Montpellier, un nouveau service vise les trajets des malvoyants

Cette immersion urbaine est centrale pour Montpellier. Dans une commune où les déplacements quotidiens reposent largement sur la marche, le tramway et les correspondances, un chien guide doit apprendre à sécuriser chaque étape du trajet. Selon Thierry Jammes, un chien guide apprend environ une soixantaine d’ordres, dont chercher une porte, longer une façade, trouver un abri de tram ou repérer une place dans un véhicule.

La sécurité ne se limite pas à l’obéissance. Le chien doit protéger l’espace autour de son maître, notamment à hauteur d’épaule, et anticiper les obstacles avant qu’ils ne deviennent un danger. Ce niveau d’exigence explique la durée de la formation, qui s’étend généralement de 18 à 24 mois.

Un délai d’attente qui peut atteindre deux ans

Jusqu’à cette ouverture, l’Occitanie ne comptait qu’une seule école de chiens guides reconnue par le réseau national, située à Toulouse. Pour les familles et les bénéficiaires de l’Hérault, l’éloignement compliquait l’accès à un accompagnement régulier.

À Montpellier, un nouveau service vise les trajets des malvoyants

Le besoin local est aussi lié aux délais. Le temps d’attente pour obtenir un chien guide peut atteindre jusqu’à deux ans, faute de structures de proximité. Chaque parcours représente également un coût moyen estimé à 30 000 euros par chien, en incluant la nourriture, les soins vétérinaires, l’équipement, la formation et l’accompagnement.

France Défi Vision prend en charge ces frais pour que le chien soit remis gratuitement à une personne déficiente visuelle. L’enjeu est donc à la fois social, financier et territorial : rapprocher la formation des futurs bénéficiaires, tout en maintenant un modèle associatif dépendant des dons, legs et partenaires privés.

Six chiens déjà accompagnés par l’école

L’école montpelliéraine accompagne actuellement six chiens. Trois sont en éducation pour devenir chiens guides : Vasco, un golden retriever, Api, un berger deutsch, et Alya, une golden retriever. Trois chiots, Bloom, Aria et Bailey, poursuivent aussi leur parcours avant une remise envisagée en 2027 lorsqu’ils seront adultes.

À Montpellier, un nouveau service vise les trajets des malvoyants

Les chiens sont accueillis à l’école en journée, du lundi au vendredi. Le soir, les week-ends et pendant les vacances scolaires, ils vivent en famille d’accueil. Ce fonctionnement permet de les exposer à différents cadres de vie, tout en conservant un apprentissage structuré en ville.

La structure a aussi vocation à former des chiens d’assistance. Thierry Jammes précise toutefois que chien guide et chien d’assistance ne remplissent pas la même fonction. Le premier agit dans l’espace urbain auprès de personnes aveugles ou malvoyantes. Le second intervient plutôt dans le cadre domestique, auprès de personnes ayant une autre forme de handicap.

La Ville met un local et finance des travaux

La Ville de Montpellier a mis à disposition le local de Port Marianne et financé la pose et l’installation du grillage pour un montant de 26 000 euros. Une subvention de fonctionnement de 1 000 euros est également versée à l’association.

Lors de l’inauguration du 16 juin 2026, Michaël Delafosse, maire de Montpellier, Émilie Cabello, adjointe à l’Accessibilité universelle et au quartier Port Marianne, Agnès Saurat, adjointe au Patrimoine municipal, Thierry Jammes et Jérôme Boscus, président délégué de France Défi Vision, étaient présents.

Pour l’association, l’appui public ne suffit pas à garantir l’avenir du projet. « Sans dons, sans legs et sans partenaires financiers d’entreprises, l’école ne survivra pas », avertit Thierry Jammes, qui dit attendre un soutien plus large du monde économique et des particuliers.

Source: En Commun – Montpellier

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Nadia Benali

Nadia Benali

Auteur

Basée à Montpellier, Nadia Benali suit l’actualité locale avec une attention particulière aux décisions municipales, aux services publics et aux initiatives de quartier. Elle recoupe les annonces officielles avec les témoignages d’habitants, les documents disponibles et le contexte local afin de publier des informations claires, utiles et vérifiées pour les lecteurs de foumzguiddesert.fr

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